V. 23 (2026): "Français parlé : données, représentations, questionnements théoriques", sous la direction de Ruggero DRUETTA

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Oral et écrit : voilà des différences médiales qui ne devraient pas affecter la langue dans son « essence »... et pourtant si ! Dès que les pratiques d’écriture se répandent dans une société, les deux formes d’expression ne sont que peu interchangeables. Des genres et des normes apparaissent, affectés à des situations et exigeant des rôles spécifiques, qui instituent petit à petit une hiérarchie. 
L’étude scientifique du français parlé, que cette hiérarchie a longtemps contribué à brider, doit constamment se confronter aux problèmes posés par l’interface écrit-oral, contrainte qu’elle est de se servir de l’écriture à des fins de transcription objectivante. D’une part, ceux-ci sont d’ordre technique, les besoins de la notation pouvant exiger de s’éloigner des normes orthographiques courantes mais l’univocité des notations pouvant malgré tout introduire dans l’objet des altérations, des déperditions d’informations et des erreurs d’évaluation. D’autre part, ces problèmes sont aussi socio-culturels, car des conventions de transcription hétérographiques peuvent conforter une hiérarchie et un jugement d’incorrection déjà bien établis. 
Dans un tout autre domaine, la volonté de représenter l’altérité de l’oral dans les textes fictionnels écrits détermine un bricolage créatif où convergent souci mimétique, carence de moyens orthographiques, stéréotypes sociolinguistiques et biais perceptifs, qu’il revient au chercheur de démêler, d’autant plus lorsque ces textes constituent la seule voie d’accès à l’oral d’époques antérieures aux techniques d’enregistrement sonore. 
Dans les deux cas, les spécialistes reconnus dont les textes sont réunis dans ce volume s’interrogent tour à tour sur leurs pratiques, sur les apports des données orales à la description du système et/ou de ses variantes et enfin sur les procédés mimétiques le plus souvent mis en œuvre, sur leur correspondance avec l’oral authentique et sur leur fonction dans les textes fictionnels où ces données apparaissent.

Textes de Véronic ALGERI, Guy ACHARD-BAYLE, Louis BEGIONI et Alvaro ROCCHETTI, Marie-José BÉGUELIN, Alain BERRENDONNER, Vincent BERTHELIER, Gilles CORMINBOEUF, Ruggero DRUETTA, Françoise GADET et Emmanuelle GUERIN, Irina GHIDALI, Márton Gergely HORVÁTH, Philippe MARTIN, Nathalie ROSSI-GENSANE et Biagio URSI, Alida SILLETTI, Isabelle STABARIN

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Ruggero DRUETTA est professeur de linguistique française à l'université de Turin. Ses recherches portent, d’une part, sur la morphosyntaxe du français parlé, notamment la forme interrogative, et, d’autre part, sur l'analyse énonciative et rhétorique du discours, en particulier du discours politique et des formes comiques telles que la parodie et le stand-up, tant du point de vue de l’énonciateur que de celui du public..

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Ruggero DRUETTA (sous la direction de), Français parlé : données, représentations, questionnements théoriques, Dipartimento di Lingue e Letterature Straniere e Culture Moderne – Università degli Studi di Torino, Torino 2026. DOI: 10.13135/2420-7969/23.

ISBN 978-88-7590-420-3

(«QuadRi» – Quaderni di RiCOGNIZIONI, XXIII)

Pubblicato: 30.06.2026